vendredi, 30 janvier 2009
Difficultés du recrutement pour le service minimum d'accueil
Après avoir tenté d'embaucher les enseignants retraités de Loire Atlantique, l'inspection académique du Maine et Loire questionne maintenant les proviseurs de son département.
Cher proviseur, avez-vous sur vos bancs quelques élèves "majeurs, en formation de BEP sanitaire et sociale ou d'aide soignant" qui seraient volontaires pour un travail de briseur de grève au cas où leur emploi du temps le permettrait ?
Vous serez remarquerez les qualifications nécessaires, chers parents, pour garder vos enfants : majeur, c'est la moindre des chose, en formation de Brevet d'Enseignement Professionnel. Le BEP lui-même n'est pas requis, il suffira aux impétrants d'être en formation.
Cela devrait rassurer totalement les parents quant à la qualité de l'accueil dans leurs écoles !
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lundi, 08 décembre 2008
Désormais quand il y a une grève en France, 2ème partie
Partie 2 (Voir article précédent, même sujet)
Une fois la liste établie et la grève annoncée, il s’agit pour le maire d’organiser « l’accueil » des enfants habituellement placés sous la responsabilité des enseignants de notre ville. Ce qui complique tout est que la garde doit être assurée en moins de 48 heures, « Dont au moins un jour ouvré », précise la loi. Ça ne laisse vraiment pas beaucoup de temps « ouvré » pour faire les choses sérieusement ! Autrement dit, il n’y a qu’un jour et demi pour organiser la garde par téléphone avec les volontaires, en trouver entre 50 et 160 suivant la participation, qui soient certains d’être libres dès le lendemain, leur indiquer l’adresse ou ils doivent se rendre, l’heure de début… Ça a toutes les chances de bien fonctionner !
Que se passe-t-il si, le jour de la grève, un « accueillant » se rend sur place et découvre que l’enseignant qui s’était déclaré gréviste est finalement présent à son poste, ce qui est évidemment son droit ? L’accueillant rentre chez lui et sera rémunéré tout de même.
Et s’il y a –disons – une cinquantaine d’accueillants dans cette situation ? Et bien l’autorité académique ne dédommagera la ville qu’au nombre réel de grévistes, alors que le maire rémunèrera tous les accueillants pressentis. Ce qui n’aidera pas nos finances.
Et si – bien que toutes les conditions soient théoriquement réunies pour que tout se passe bien : organisation, compétence… - il y a malheureusement un accident causé ou subi par un de vos enfants ? Réponse : « la responsabilité administrative de l'Etat est substituée à celle de la commune dans tous les cas où celle-ci se trouve engagée en raison d'un fait dommageable commis ou subi par un élève du fait de l'organisation ou du fonctionnement du service d'accueil… il appartient à l'Etat d'accorder sa protection au maire lorsque ce dernier fait l'objet de poursuites pénales à l'occasion de faits… qui ont causé un dommage à un enfant dans le cadre de l'organisation ou du fonctionnement du service d'accueil ». Tant mieux pour le maire, tant pis pour l’enfant.
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dimanche, 07 décembre 2008
Désormais quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit
Partie 1
La loi dite SMA (service minimum d’accueil), publiée le 20 août 2008, qui est mise en œuvre lorsque les enseignants des écoles élémentaires ou maternelles déposent un préavis de grève, fait débat dans les villes. Rappelons-en les principes : le maire doit, au préalable, établir (article 7) « une liste de personnes possédant les qualités nécessaires pour accueillir et encadrer des enfants ».
Pour recenser ces personnes, il suffit en principe de faire un simple appel au peuple avant tout bruit de grève et espérer recevoir des réponses. Combien faut-il de volontaires ? Il y a 160 enseignants sur la ville, s’il y avait 200 à 300 volontaires, ce serait bien, compte tenu de ceux qui ne seront pas disponibles ce jour là. Bien sûr, il faudra gérer la liste, tenir compte des changements de domicile, téléphone, radiation… Ça va être difficile, de toute façon…
Concernant les compétences requises, ne compliquons pas tout, disons pudiquement que l’État, dans ce cas précis, n’est pas regardant sur les capacités des gens en question Aucune velléité pédagogique, bien sûr. Tout majeur est supposé savoir accueillir et encadrer vos enfants, même plus ou moins bien. En fait, il ne s’agit que de les « garder » au pied levé pour éviter d’embêter les parents avec une grève stupide, tout en faisant en sorte qu’il ne se passe rien – ou presque – de grave. Il faut juste faire en sorte que personne ne s’aperçoive de la grève, sauf les enfants.
Tout est prévu pour ne pas faire appel aux gens pervers ou violents éventuellement présents sur la liste : « la liste est transmise à l'autorité académique qui s'assure, par une vérification opérée … dans les conditions prévues au code de procédure pénale, que ces personnes, préalablement informées de la vérification, ne figurent pas dans le fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes. Cette liste est transmise pour information aux représentants des parents d'élèves élus au conseil d'école. Les personnes y figurant sont préalablement informées de cette transmission. » On est rassurés, mais tout ça va faire du boulot…
Que dira l’autorité académique aux pédophiles notoires, s’il y en a ? Rien. « Lorsque l'autorité académique est conduite à écarter certaines personnes de la liste, elle en informe le maire sans en divulguer les motifs » Ce sera au maire de se débrouiller.
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