mercredi, 15 octobre 2008

Désenclavement : la gauche livryenne est contre

Désenclavement de Clichy-sous-Bois-Montfermeil.

Un tramway vers la ligne des Coquetiers ? Au conseil municipal de Livry-Gargan, la gauche unanimement et résolument contre !

Ayant eu connaissance que la ville de Livry-Gargan avait mis à l'ordre du jour de son conseil municipal du 25 septembre l'adoption d'un vœu concernant le "désenclavement du plateau Clichy / Montfermeil ", nous avions décidé d'y assister, Olivier Klein premier adjoint au maire de Clichy-sous-Bois et moi. Nous ne le regrettons pas, cette séance ayant été très instructive.

Ce point précis ayant été très nettement séparé des autres points à l'ordre du jour, une mise en scène soigneusement préparée en soulignant le caractère solennel et dramatique. Le maire, Alain Calmat en présenta les raisons.

" Il faut que tous ceux qui font des pressions considérables sachent que Livry-Gargan ne se laissera pas faire, ne laissera pas faire n'importe quoi ! Nous approuvons totalement le désenclavement de Clichy-sous-Bois Montfermeil si tant est que l'on puisse parler d'enclavement !

Il faut rappeler que la voie de désenclavement Est avait été refusée par le maire de Clichy-sous-Bois dès son élection en 1995 alors qu'elle était financée. On pouvait rejoindre le RER B avec une facilité déconcertante" (Sur ce point précis, rappelons qu'une des raisons de la victoire de C. Dilain et son équipe en 95 est précisément d'avoir pris en compte la volonté majoritaire des Clichois qui refusaient cette voie expresse, prétexte d'un pseudo désenclavement, qui avait pour principale caractéristique de couper la ville en deux, au sens propre du terme) Et le maire de Livry de poursuivre :" les voies NATURELLES pour les Clichois (pour rejoindre un RER) sont Gagny, Le Raincy, Chelles, en aucun cas par Livry-Gargan. Le futur bus (?) Livry-Pantin devrait répondre aux besoins des habitants du Plateau.

Le débranchement du Tram train pose des problèmes insurmontables, sur la R N 3 et même sur la ligne des Coquetiers, il signifierait une RN 3 totalement paralysée! C'est inacceptable, nous sommes dans une situation difficile, et face à une pseudo concertation... Pour Mme Fadela Amara c'est devenu emblématique... il faudra tenir compte de Livry-Gargan. Les Livryens ont la possibilité de s'organiser pour-mettre ce projet en échec. Chacun prendra, ses responsabilités. Nous ne nous laisserons pas bâillonner! Il faut refuser ce projet inacceptable, incohérent. On peut faire mieux et moins cher. Le plus logique serait de passer par l'avenue Thiers (au Raincy)."

Il revint ensuite au Directeur général des services techniques de Livry-Gargan, Monsieur Martinez, de présenter aux élus et au nombreux public présent, à l'aide de diapositives, les deux tracés étudiés par le STIF. Visiblement mandaté pour cela, le DGST a dressé un tableau apocalyptique des menaces qui pèsent sur les malheureux Livryens, ponctuant chacune de ses affirmations de ils ont décidé, ils veulent, ils désignant les forces occultes et maléfiques qui menacent Livry-Gargan ! On comprend aisément, devant un tel tableau, l'angoisse tangible des personnes présentes dans la salle, on pouvait imaginer sans peine le filet de sueur glacée par l'épouvante coulant sur leurs échines :

Apocalypse now!

Olivier Klein me rappelait en aparté que Monsieur Martinez qui, en compagnie de Monsieur Le Bozec, adjoint au maire de Livry, a assisté à toutes les réunions de concertation et de préparation de ce projet n'a JAMAIS émis le moindre avis, fait le moindre commentaire approbateur ou désapprobateur sur quelque aspect que ce soit, ainsi que l'élu d'ailleurs. Une passivité étrange alors des représentants de Livry-Gargan (parce que persuadés qu'il ne verrait jamais le jour ?) il est vrai largement rattrapée ce 25 septembre.

Après un court débat au cours duquel Pascal Popelin a rappelé que récemment candidat à la députation il avait fait sienne cette nécessité du désenclavement du Plateau de Clichy-sous-Bois / Montfermeil, mais cependant a-t-il ajouté " on ne peut solutionner un problème en en créant un autre ailleurs. La solution proposée est dramatique pour les riverains, les écoles, les commerces, il y a urgence d'un désenclavement efficace, la solution proposée n'est pas efficace ". Mme Monique Govet élue communiste, voyant là une gravissime atteinte à la démocratie ! a assuré Alain Catinat de son soutien indéfectible. Seul un élu dont à ma grande honte je n'ai pas retenu le nom, semble avoir ce soir là raison gardée, en rappelant avec bon sens qu'un transport n'était pas destiné à mener nulle part, et qu'il ne pensait pas que contrairement à ce qui a été affirmé par certain, le maire de Clichy-sous-Bois n'a pas sorti dans la précipitation de son chapeau cette demande, pressé qu'il était par les émeutes de 2005!

Le conseil de Livry-Gargan a donc adopté à l'unanimité moins deux abstentions d'élus de l'opposition le vœu suivant :

"L'implication de la Commission Nationale du Débat public et la participation des administrés dans le cadre de la procédure de concertation préalable n'ont de sens que si tous les scenarii alternatifs sont étudiés. Le Conseil municipal demande donc au STIF que toutes les variantes de tracés et de modes de transports soient présentées lors des procédures de débat public et de concertation préalable".

Un vœu "modéré" au regard des propos qui ont précédé son adoption. Mais, comme l'a rappelé le maire de Livry, les procédures peuvent durer cent ans !

Georges Malassenet, L’Hebdo de Clichy-sous-Bois & Montfermeil

samedi, 14 juin 2008

Plan banlieue

Le plan banlieue peut attendre : tel est le titre d’un article publié aujourd’hui par le journal « Libération ».

Je vous reproduis ci-dessous l’intégralité du texte. Il ne fait que renforcer l’inquiétude des socialistes clichois sur la réelle volonté de Nicolas Sarkozy de lutter contre les inégalités territoriales qui touchent si durement la ville. Il  nous interpelle sur les moyens qui seront donnés pour la poursuite du PRU actuellement en cours dans le quartier du Haut Clichy et aussi sur les possibilités de mettre en place un deuxième PRU dans les quartiers du Bas Clichy qui en ont pourtant un besoin urgent.

« D’aucuns verront dans le report «à une date ultérieure» du Conseil interministériel de la ville (CIV) une nouvelle preuve que la politique en faveur des quartiers en difficulté n’est pas considérée comme affaire prioritaire par le gouvernement. Ce CIV - présidé par le Premier ministre - devait se tenir lundi 16 juin à Meaux, l’une des villes symboles de la rénovation urbaine avec des opérations de réaménagement urbain à grande échelle menées dans les quartiers Beauval et Collinet. Matignon a tout bonnement appelé le secrétariat d’Etat à la Ville pour dire qu’il y «avait un problème de calendrier» et qu’en conséquence, la date prévue pour ce CIV était annulée. Un peu comme une banale réunion de service dans une entreprise, alors qu’un Conseil interministériel à la Ville réunit la quasi-totalité des ministres. Ils doivent, chacun dans leur secteur (emploi, éducation, santé, logement, sécurité… ) décliner les mesures en faveur des quartiers.

C’est dire qu’une telle grand-messe suppose en amont de la préparation, de la coordination, de la concertation. Un interlocuteur dans un ministère justifie cette annulation à la hussarde en raison«des agendas bousculés de deux à trois ministres». A Matignon, l’explication est encore plus hypocrite, puisqu’on prétendait hier, que la date de lundi n’avait «jamais été arrêtée officiellement». Or depuis belle lurette, de nombreux ministres avaient noté sur leur agenda «CIV à Meaux» au 16 juin.

Selon nos informations, le Conseil interministériel de la ville pourrait se tenir entre le 20 et le 30 juin. Mais il n’est pas impossible que le gouvernement ait cherché à se donner un peu de temps pour effectuer les derniers arbitrages. Parmi les mesures en discussion figure notamment la réforme de la DSU (dotation de solidarité urbaine). Depuis longtemps, les maires de l’association «Ville et banlieues», qui regroupe les communes pauvres ayant sur leur territoire des quartiers importants relevant de la politique de la ville (Vaulx-en-Velin, Sarcelles, Chanteloup-les-Vignes, Clichy, Montfermeil…) demande à ce que la DSU soit davantage ciblée sur leurs communes. Ils font valoir qu’en raison de leur très faible potentiel fiscal, ces collectivités ont un besoin impérieux de cette dotation d’Etat. Aujourd’hui, toutes les villes (y compris les plus grandes qui ont beaucoup de taxe professionnelle) touchent la DSU dès lors qu’elles ont un quartier sensible sur leur territoire. Fadela Amara est plutôt favorable à une mesure d’équité pour les communes les plus pauvres

Par ailleurs, l’examen de la prolongation au-delà de 2013 de la mission de l’Anru (qui finance la rénovation des quartiers) a été d’ores et déjà repoussé à l’automne. Chacun sait pourtant que dans cinq ans la réhabilitation des quartiers ne sera pas achevée. «En 2013, on sera au milieu du gué», a récemment admis Fadela Amara.

AM.