mercredi, 14 novembre 2007

Coup de frein sur les banlieues

17b550650ba20eef57e7dac029c15f14.jpgDeux ans après les émeutes et durant les visites sur sites de Fadela Amara, on aurait pu croire que les banlieues devenaient un sujet d'intérêt de la part du Gouvernement.

En fait, durant le processus d'examen de la loi de finance 2008, les députés  se sont aperçus que l'augmentation de la dotation de solidarité urbaine (DSU)  qui devait augmenter de 120 millions d'Euros cette année, n'allait en fait augmenter "que" de 90.

C'est pas grave ! direz vous. C'est quand même une augmentation de cette dotation répartie sur quelques villes.

Sauf que ces quelques villes sont parmi les plus pauvres de la France. Que ces 30 millions vont leur manquer gravement. Qu'il faudrait savoir si la France veut corriger ces inégalités ou au contraire les maintenir tout en versant des "larmes de crocodiles".

Les maires de tous bords politique de l'association "Ville et banlieue" ont choisi. Avec Claude Dilain, maire de Clichy sous Bois, Pierre Bourguigon de Sotteville lès Rouen, François Pupponi de Sarcelles et bien d'autres, ils dénoncent cette mesure, alors que le Gouvernenent annonce un plan Marshall pour les banlieues. Les maires présentent par ailleurs 30 propositions "pour le respect et l'égalité des chances". Cela va de la création d'une priorité nationale à la desserte des villes de banlieue à la vraie application de l'article 55 de la loi SRU, qui fait obligation aux communes de proposer plus de 20% de logements sociaux sur leur leur territoire.

A propos de cette loi, quelle est la ville la plus nulle sur ce plan, la plus chère d'Île de France, celle qui ne fait aucun effort en faveur du logement pour les moins défavorisés, celle ou le Préfet devrait lancer les constructions d'office, celle qui repousse les pauvres dans les communes voisines, celle qui devrait être la honte de la France ?

Neuilly sur Seine, bien sûr. La ville dont Sarkozy a été le maire pendant 19 ans. Seulement 3% de logements sociaux.

15:45 Publié dans Pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SRU, DSU

vendredi, 09 mars 2007

Sarkozy, les squats et l'immigration

medium_sarko-grimace.jpgJeudi soir sur France 2 Nicolas Sarkozy a posé la question de l'immigration comme une priorité. Il a déclaré que s'il était élu, il ferait voter dès juillet une nouvelle loi destinée à «encadrer le regroupement familial» (Libération de ce jour).

Un texte qui poserait trois conditions pour permettre à un étranger de faire venir sa famille en France :
  • qu'il ait un logement pour la loger «pour qu'il n'y ait plus de squats»,
  • qu'il ait des revenus pour la faire vivre
  • et «qu'on apprenne (...) des rudiments de français avant de venir en France».
Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, et donc actuellement en charge de ces dossiers, ignore-t-il donc que déjà actuellement quand un étranger demande le regroupement familial, il doit justifier d'un travail et d'un logement
Ignore t-il que le demandeur doit fournir un contrat de location, un contrat de travail et des fiches de paie ?
Ignore-t-il qu'une visite à domicile est effectuée pour vérifier l'état du logement et son adéquation à la composition familiale ?
Ignore-t-il qu'un demandeur ne satisfaisant pas à tous ces critères n'a aucune chance que son dossier de regroupement familial soit accepté par le Préfet qui dépend lui aussi du ministère de l'intérieur ?
Sa loi ne portera-t-elle que sur l'apprentissage de rudiments de français ?
 
Quant à la résolution du problème des squats, Monsieur Sarkozy, ne vaudrait-il pas mieux construire des logements sociaux, surtout là où l'obligation de 20% par la loi SRU n'est pas respectée - même à Neuilly sur Seine - ? Car les squats ne sont pas dus aux immigrants par la voie du regroupement familial mais à la pénurie de logements sociaux proposés à la location.
 
AM
 

lundi, 22 janvier 2007

Salut l'abbé

Ce matin, l'abbé Pierre est mort.

Ce matin, les exclus, les déshérités, les mis au ban de la société sont orphelins.

Ce matin,  le froid revient et tu n'es plus là pour apporter un peu de chaleur dans leur coeur, un peu d'humanité dans leur vie.
Le 1er février 1954, tu as lancé l'appel qui t'a rendu célèbre :
"Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée. Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre les hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous en prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l'âme commune de la France, merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux sans-abri. Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : 5000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques. Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse, ne couchera ce soir sur l'asphalte ou les quais de Paris. Merci."
C'est, hélas, toujours d'actualité.
D'aucun diront que tu n'as rien pu changer, mais en fait, sans toi, beaucoup plus auraient été à la rue, été comme hiver. Beaucoup plus seraient mort de froid et de faim.
Si le Paradis existe, tu l'as mille fois mérité.
Salut l'Abbé.
 
JF

mardi, 02 janvier 2007

Combien faudra-t-il de sans-abris pour que la société se réveille ?

medium_SDF_St_Martin.jpg

A l'heure où certains Français vont s'ennuyer six mois par an dans un petit village Suisse afin d'échapper à l'impôt, d'autres essaient de survivre à l'hiver sans toit et sans murs, même de bois. Au moment où tout le monde se souhaite une bonne année et une bonne santé, d'autres ne souhaitent qu'avoir un toit et un peu de chaleur, ainsi que la possibilité de pouvoir se laver avant d'aller travailler.
 
Car notre société en est là : beaucoup de ces sans abris qu'on nous présente hypocritement comme des clochards, ont un travail. Imaginez-vous un instant : il vous faut être au travail, mettons vers 8h30, vous avez passé la nuit dehors ou dans un abri de fortune, vous n'avez donc pas forcément bien dormi. Vous allez devoir tout d'abord vous mettre en condition pour aller travailler : vous laver, vous changer et aller à la recherche d'un endroit tranquille pour ce faire.
 
Imaginez-vous toujours composer avec la honte du regard des autres, qui vous dira "Quelle horreur ! il se lave dans les toilettes de la gare ! il pourrait faire ça ailleurs !". Et puis, malgré tous vos efforts, les nuits blanches passées à chercher un coin pour dormir, et la fierté qui vous empêche de demander de l'aide dans la famille ou chez des amis (quand il en reste), un beau jour votre patron va s'apercevoir de votre déchéance et, ne voulant pas s'encombrer d'un "problème", fini par vous mettre à la porte, histoire de vous aider à vous en sortir...
 
Et alors, c'est la spirale, le puits sans fond dont très peu arrivent à sortir. 
 
Et dire qu'il suffirait de peu de choses : tout d'abord, que toutes les communes appliquent la loi SRU, et que celles qui souhaitent rester hors la loi soient beaucoup plus lourdement pénalisées. Le versement de ces amendes sur un fond dédié permettrait de construire et de maintenir à l'année des centres d'accueil dignes de ce nom, où chacun aurait sa chambre, plutôt que ces dortoirs générateurs d'insécurité.
 
Ensuite, la réquisition des immeubles laissés vides par les investisseurs institutionnels que sont les banques et les compagnies d'assurance : beaucoup d'immeubles sont vacants à Paris pour des raisons spéculatives. Plusieurs dizaines de familles (oui ! des familles complètes, avec des enfants !) à la rue ou obligées de se loger en camping apprécieraient.
 
Enfin, il faudrait cesser de faire croire à l'opinion publique que le problème des sans abris n'est un problème que l'hiver. Ces gens-là sont aussi en galère au printemps, l'été et à l'automne, et ils apprécieraient certainement qu'on ne pense pas à eux seulement l'hiver pour se donner bonne conscience pendant les réveillons...
 
On peut toujours rêver, mais ... il suffirait que chacun d'entre nous donne 1,50 euros par mois pour que le loyer de 200000 logements soit financé. A trois personnes en moyenne par logement, fais tes comptes camarade !
 
Bon d'accord, ces logements n'existent pas. Mais qu'attend-on pour les construire ou pour réhabiliter ceux qui sont laissés à l'abandon ? Combien de tentes faudra-t-il dans la rue pour que la société se réveille ? Nul doute qu'un changement de société s'impose. Une société où la solidarité ne serait pas qu'une formule creuse qu'on ressort en période électorale. Comme par exemple un certain ministre de l'intérieur qui promet "zéro SDF" d'ici à deux ans, pendant que, de l'autre main, il fait expulser des familles entières...
 
Faisons en sorte que les propositions du projet socialiste soient appliquées. le moyen ? Que Ségolène Royal soit élue, et ensuite qu'une large majorité se dégage à l'Assemblée Nationale. Maintenant que beaucoup de français ont été convaincus d'aller s'inscrire sur les listes électorales, il va falloir convaincre ces mêmes personnes de se déplacer pour voter pour le seul projet vraiment solidaire : le projet socialiste.
 
Sinon, bonne année à tous et que vous ayez une bonne santé, un travail et un toit seront mes seuls souhaits de bonheur.
 
JF. 
 
Voir le dossier Logement.