dimanche, 16 décembre 2007

Les belles promesses n'engagent que ceux qui y croient

bb3b5799a9f17297127814398659b445.jpgUn accord a été signé avec les "squatters de la rue de la banque" pour leur relogement, donnant ainsi un toit à 374 familles.
C'est bien. Mais il a fallu des mois de lutte, ponctués d'évacuations souvent brutales, des mois où des familles entières ont dormi à même le trottoir par tous les temps. mais, bon : ils ont réussi et c'est là l'essentiel.

Par contre, on n'a pas fini pour autant de voir des tentes sur les trottoirs ou en bordure des quais : on se souvient de l'hiver 2006-2007 au cours duquel l'association "Les enfants de Don Quichotte" avaient alerté l'opinion publique sur les conditions d'hébergement des sans-abris. Ils avaient obtenu le vote d'une loi sur le droit au logement opposable, et la promesse que 27000 places seraient mises à disposition des SDF.

Qu'en est-il aujourd'hui, alors que le plan grand froid est déclenché dans 20 départements ?

Christine Boutin a visité vendredi soir plusieurs centres d'accueil et a déclaré que "les objectifs en terme d'hébergement sont atteints". On pourrait donc croire que les 27000 places promises par Jean-Louis Borloo en janvier sont disponibles en cas de besoin. Que nenni ! Ce serait trop beau : il n'y a en fait que 14000 places disponibles, soit quasiment le même nombre que l'hiver dernier. Elle propose de faire ouvrir des équipements publics en cas de besoin, pour pallier au manque de places (par exemple des gymnases qui seront ensuite évacués par la police ?).

Augustin Legrand, le porte-parole des Enfants de Don Quichotte estime avoir été roulé dans la farine. Il oubliait certainement qu'il se battait contre des moulins à vent, qui plus est en période électorale où toutes les promesses sont bonnes à faire...
Samedi, il a organisé un nouveau campement d'environ 250 tentes sur les quais de Notre-Dame. Lequel campement a été évacué manu militari par les forces de l'ordre : C'est clair, Chistine Boutin l'a d'ailleurs déclaré : elle ne tolèrera pas de nouveau campement.

Une fois de plus, des promesses ont été faites et ne seront pas tenues.
Une fois de plus, une fois de trop, des SDF vont mourir de froid cet hiver, malgré le dévouement de tous ceux qui se mobilisent pour eux.

Et pourtant, on ne peut s'empêcher de penser, fort naïvement il est vrai, qu'une partie des 14 milliards de cadeaux fiscaux fait aux plus riches l'été dernier aurait pu servir à sauver des vies cet hiver.

JF

jeudi, 08 mars 2007

Le vrai visage de la "cohésion sociale" de droite

Ci-dessous un extrait d'article vu sur le site du journal "Le Monde": "Plusieurs membres de l'association des Enfants de Don Quichotte, qui milite en faveur des sans-abri, ont été molestés par la police, mercredi 7 mars, aux abords du ministère délégué à la cohésion sociale, où ils étaient attendus pour une réunion.

Augustin Legrand, la figure de proue de la mobilisation en faveur des SDF, à l'origine de l'installation du campement le long du canal Saint-Martin à Paris, a été poussé à terre, frappé et menotté brièvement alors qu'il tentait d'entrer dans le bâtiment où la réunion devait débuter à 14 h 30. Un autre membre de l'association a également été poussé à terre et a reçu un coup à la tête, selon l'AFP, qui n'a toutefois constaté aucune interpellation.

Interrogés sur les raisons de cette intervention musclée, les policiers intervenus et leurs collègues, une douzaine au total, se sont refusés à tout commentaire, renvoyant la presse vers leur hiérarchie.

La réunion devait réunir les associations membres du comité de suivi des propositions faites par le gouvernement en faveur des SDF. A la suite du mouvement déclenché à la mi-décembre par les Enfants de Don Quichotte, ce comité de suivi du Plan d'action gouvernemental sur l'hébergement, annoncé début janvier par le gouvernement, se réunit tous les quinze jours au ministère de la cohésion sociale. La première réunion de ce comité de suivi, coprésidé par Catherine Vautrin et Jean-Baptiste Legrand, avait eu lieu le 18 janvier."

 Pour tous ceux qui avaient encore des doutes, il est désormais évident que pour le gouvernement actuel, comme pour le futur que souhaite Nicolas Sarkozy, les pauvres, les mal logés, les exclus de la société et leurs représentants ne les intéressent que le temps de faire des annonces démagogiques qui n'ont qu'une seule suite : le mépris.

 JF

mercredi, 10 janvier 2007

Et pshiiitt, plus de SDF !

Décidément, pour résoudre tous nos problèmes, il faudrait une élection présidentielle tous les six mois ! Jean-Louis Borloo a annoncé hier une batterie de mesures destinées à répondre aux attentes des sans abris. "On lève le camp tout de suite" a annoncé l'association Les enfants de Don Quichotte. C'est formidable pour tous ces malheureux à la rue, mais...

 
Ce n'est pas immédiatement que les "campeurs" vont trouver un  toit digne de ce nom : toute une organisation est à mettre en place et rien ne sera vraiment commencé avant le printemps. Dans certaines villes, par exemple Paris, il y a déjà saturation dans les centres d'hébergement, quant au parc locatif... Va-t-on réquisitionner des logements vides ?
 
Que va-t-on dire à ceux qui ont un toit, mais qui sont très mal logés et qui attendent depuis plusieurs années pour certains ? Ils ne seront pas concernés par ce plan, car ils ne sont pas dans la rue, on ne les voit pas et on ne parle pas d'eux ... sauf au moment d'un incendie d'hôtel. Les logements sociaux promis ne seront pas construits par un coup de baguette magique. Il faudra certainement attendre encore plusieurs mois, voire des années.
 
Et l'application stricte de la loi SRU ? Où en est-on ?
 
Et ensuite, que va-t-on faire pour éviter de nouveaux sans abris qui viendront se rajouter à la triste cohorte déjà existante ? Quand va-t-on se décider à éradiquer la précarité de l'emploi, source de tous ces maux ?
 
Est-ce que le gouvernement actuel croit vraiment que c'est en faisant démonter les tentes, en "cachant" (tiens, Cachan...) la misère que les problèmes seront résolus ? Bien sûr que non : il s'agit encore d'un tour de passe-passe qu'on nous a déjà fait : et pshiiit ! il n'y a plus de problème !
 
Allons tous voter au printemps prochain pour une femme qui nous a démontré sa bravitude, et faisons en sorte que  pshiiit ! il n'y a plus de droite !
 
JF

mardi, 02 janvier 2007

Combien faudra-t-il de sans-abris pour que la société se réveille ?

medium_SDF_St_Martin.jpg

A l'heure où certains Français vont s'ennuyer six mois par an dans un petit village Suisse afin d'échapper à l'impôt, d'autres essaient de survivre à l'hiver sans toit et sans murs, même de bois. Au moment où tout le monde se souhaite une bonne année et une bonne santé, d'autres ne souhaitent qu'avoir un toit et un peu de chaleur, ainsi que la possibilité de pouvoir se laver avant d'aller travailler.
 
Car notre société en est là : beaucoup de ces sans abris qu'on nous présente hypocritement comme des clochards, ont un travail. Imaginez-vous un instant : il vous faut être au travail, mettons vers 8h30, vous avez passé la nuit dehors ou dans un abri de fortune, vous n'avez donc pas forcément bien dormi. Vous allez devoir tout d'abord vous mettre en condition pour aller travailler : vous laver, vous changer et aller à la recherche d'un endroit tranquille pour ce faire.
 
Imaginez-vous toujours composer avec la honte du regard des autres, qui vous dira "Quelle horreur ! il se lave dans les toilettes de la gare ! il pourrait faire ça ailleurs !". Et puis, malgré tous vos efforts, les nuits blanches passées à chercher un coin pour dormir, et la fierté qui vous empêche de demander de l'aide dans la famille ou chez des amis (quand il en reste), un beau jour votre patron va s'apercevoir de votre déchéance et, ne voulant pas s'encombrer d'un "problème", fini par vous mettre à la porte, histoire de vous aider à vous en sortir...
 
Et alors, c'est la spirale, le puits sans fond dont très peu arrivent à sortir. 
 
Et dire qu'il suffirait de peu de choses : tout d'abord, que toutes les communes appliquent la loi SRU, et que celles qui souhaitent rester hors la loi soient beaucoup plus lourdement pénalisées. Le versement de ces amendes sur un fond dédié permettrait de construire et de maintenir à l'année des centres d'accueil dignes de ce nom, où chacun aurait sa chambre, plutôt que ces dortoirs générateurs d'insécurité.
 
Ensuite, la réquisition des immeubles laissés vides par les investisseurs institutionnels que sont les banques et les compagnies d'assurance : beaucoup d'immeubles sont vacants à Paris pour des raisons spéculatives. Plusieurs dizaines de familles (oui ! des familles complètes, avec des enfants !) à la rue ou obligées de se loger en camping apprécieraient.
 
Enfin, il faudrait cesser de faire croire à l'opinion publique que le problème des sans abris n'est un problème que l'hiver. Ces gens-là sont aussi en galère au printemps, l'été et à l'automne, et ils apprécieraient certainement qu'on ne pense pas à eux seulement l'hiver pour se donner bonne conscience pendant les réveillons...
 
On peut toujours rêver, mais ... il suffirait que chacun d'entre nous donne 1,50 euros par mois pour que le loyer de 200000 logements soit financé. A trois personnes en moyenne par logement, fais tes comptes camarade !
 
Bon d'accord, ces logements n'existent pas. Mais qu'attend-on pour les construire ou pour réhabiliter ceux qui sont laissés à l'abandon ? Combien de tentes faudra-t-il dans la rue pour que la société se réveille ? Nul doute qu'un changement de société s'impose. Une société où la solidarité ne serait pas qu'une formule creuse qu'on ressort en période électorale. Comme par exemple un certain ministre de l'intérieur qui promet "zéro SDF" d'ici à deux ans, pendant que, de l'autre main, il fait expulser des familles entières...
 
Faisons en sorte que les propositions du projet socialiste soient appliquées. le moyen ? Que Ségolène Royal soit élue, et ensuite qu'une large majorité se dégage à l'Assemblée Nationale. Maintenant que beaucoup de français ont été convaincus d'aller s'inscrire sur les listes électorales, il va falloir convaincre ces mêmes personnes de se déplacer pour voter pour le seul projet vraiment solidaire : le projet socialiste.
 
Sinon, bonne année à tous et que vous ayez une bonne santé, un travail et un toit seront mes seuls souhaits de bonheur.
 
JF. 
 
Voir le dossier Logement.  

samedi, 30 décembre 2006

Un an déjà...

medium_DCP_1412.JPGIl  y a un an paraissait la première note de ce  blog. Je relatais les paroles de notre voisin Eric Raoult, maire du Raincy, qui trouvait des  "dysfonctionnement importants dans la gestion de la ville" de Clichy sous Bois, "notamment les questions de sécurité". Il demandait au Premier ministre "la mise sous tutelle et la nomination exceptionnelle d'un sous-préfet pour y seconder le maire".

Depuis, il manque toujours les mêmes logements sociaux au Raincy, et Moody's, constatant la bonne gestion de la ville de Clichy sous Bois, lui a attribué la notation A1.

Chacun fait ce qu'il peut.

En un an, près de 7 000 pages de ce blog ont été vues par 4 000 internautes. Merci de leur intérêt à ces quelques lignes, de leurs critiques et de leurs encouragements.

Bonne annés 2007 à nos lecteurs, nous leur souhaitons une excellente santé, bonheur et réussite.

Nous leur souhaitons surtout de se débarrasser de ceux qui trouvent plus facile d'invectiver les pauvres, les jeunes, les SDF, les banlieusards... que de leur trouver les solutions pour lesquels ils ont été élus.

Comme dit le MJS, en 2006, on s'est inscrits. En 2007 on vote et ils dégagent.