lundi, 22 septembre 2008

Laïcité : compter sur nous-mêmes

« J’en appelle à une laïcité positive » : ce propos tenu par Nicolas Sarkozy à l’occasion de la venue du pape en France s’inscrit dans une stratégie de communication extrêmement cohérente qui, de fait, remet en cause le principe même de la laïcité.

Souvenons- nous... En décembre 2007, à St Jean de Latran, le président déclarait que « les racines de la France sont essentiellement chrétiennes » et que « dans la transmission des valeurs l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ». En janvier 2008, lors de son déplacement en Arabie Saoudite, il parle d’un « Dieu transcendant qui est dans la pensée et le cœur de chaque homme ». Lors du dîner du CRIF en février 2008, le président affirme que « le drame du XXI ème siècle n’est pas né d’un excès de Dieu mais de sa redoutable absence ».

Ces atteintes répétées à la laïcité portées par le président ne peuvent qu’encourager le communautarisme, les extrémistes de tous bords et doivent en même temps nous amener à réaffirmer quelques principes forts :

- Plus que jamais les valeurs portées par la laïcité sont garantes du vivre-ensemble dans notre société : respect des consciences, séparation de la sphère publique et de la sphère privée.

- Egalité des citoyens dans le choix d’une religion, égalité entre les cultes, égalité dans l’accès à l’école.

- La laïcité n’est pas une idéologie particulière en concurrence avec d’autre : elle est le cadre à partir duquel les différentes options spirituelles peuvent exister et s’organiser. C’est la loi qui pose la liberté de conscience et c’est l’Etat, au premier duquel se trouve le Président de la République, qui doit en être garant.

- La laïcité n’est pas une quatrième valeur républicaine : elle est consubstantielle à la liberté, à l’égalité et à la fraternité. Elle est la traduction concrète de ces trois valeurs.

- Enfin la laïcité ne se confond pas avec la simple neutralité : elle est une exigence qui doit permettre d’éviter toutes les discriminations en mettant notamment l’espace public à l’abri de la puissance et de la domination de l’argent.

C’est pourquoi vouloir faire passer l’idée d’une « laïcité positive », c’est vouloir faire croire à une laïcité « négative » et c’est de fait remettre en cause le principe même de laïcité en fissurant son entité pour l’affaiblir et pour la replacer au cœur d’une polémique qui n’a plus lieu d’être.

Président de la république, Nicolas Sarkozy devrait être le premier gardien de ces principes. Il s’y refuse : à nous de préserver et de promouvoir la laïcité.

Yannick TRIGANCE, délégué national PS à l’éducation

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.