lundi, 27 mars 2006

Etats généraux du projet 2007 à Bondy

medium_etats_gen.jpgLors des Etats généraux du projet 2007 à Bondy, ce 25 mars, interview de Claude Dilain, maire de Clichy sous Bois par Bruno Tranchant :

Après les émeutes de novembre, l’État a débloqué près de 1,2 milliards d’euros en faveur des quartiers en difficultés pour 2006. Cet effort vous paraît-il suffisant pour relancer la politique de la ville ?

Ces fonds, pour impressionnants qu’ils soient, ne sont pas à la hauteur des défis que soulèvent les banlieues. Nous sommes, une fois encore, dans l’effet d’annonce, sans, pour autant, pouvoir apporter des réponses significatives aux problèmes de sécurité, d’éducation, de santé, de justice, de transports ou de logement. Ces politiques relèvent, pour l’essentiel, d’un redéploiement des crédits de droit commun et non d’une augmentation de moyens spécifiques.

À quelles conditions est-il possible de redonner espoir aux banlieues ?

Nous devons absolument agir au plus près des populations fragiles, en leur donnant le sentiment de ne pas les laisser sur la touche. S’il est impossible de changer le cours des choses en l’espace de quelques semaines, nous devons franchir un nouveau cap, en respectant les besoins exprimés au plus près du terrain. Ce qui suppose une écoute sans cesse renouvelée et une réponse au coup par coup. Ainsi, à Clichy-sous-Bois, l’État et la région se sont engagés à donner un sérieux coup de pouce à notre politique de transports pour assurer le désenclavement du territoire. Ces deux partenaires doivent aujourd’hui aller au bout de leurs intentions, en démontrant à la population qu’elle n’a pas été oubliée…

La solution ne transite-t-elle pas, également, par une présence accrue des services publics dans les quartiers, le renforcement des moyens alloués au tissu associatif et une action significative en faveur de la citoyenneté ?

Oui. L’important est de remettre les services publics au cœur des quartiers. Il n’est pas logique que nous ne puissions disposer, à Clichy-sous-Bois, du commissariat qui nous a pourtant été promis. La remarque vaut également pour les antennes de l’ANPE, des Assedic ou d’une caisse d’allocation familiale dont la présence fait défaut.
Bien entendu, la solution passe aussi par une lutte renforcée contre l’échec scolaire et les discriminations. Nous devons impérativement redonner espoir à une population qui cède, petit à petit, au déterminisme social. Ce qui nécessite des efforts accrus en matière d’éducation, de formation et de lutte contre les discriminations.

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